Alstom et les Chantiers de l’Atlantique – des mariages entre égaux ?

C’était en 2017…

Alstom et les Chantiers de l’Atlantique : des mariages entre « égaux » ?

 Le Président de la République et le Gouvernement ont présenté les mariages du français Alstom avec l’allemand Siemens et celui du français « étatisé » Les Chantiers de l’Atlantique à travers STX avec l’italien Fincantieri comme étant des mariages entre « égaux », permettant de créer des champions européens.

Sur le papier, c’est bien 50 % / 50% avec quelques astuces (les 20% d’actions détenues par Bouygues, la garantie de l’emploi pendant 4 ans, le PDG français pour Siemens-Alstom, le siège social de la branche transports en France, la cotation à Paris, le 1% de l’Etat prêté aux Italiens considéré comme garantie du bon déroulement de l’accord, des perspectives futures dans le naval militaire).

Cette réalité actuelle ne peut masquer que dans  un avenir proche (quelques années seulement), ce sera bien Siemens et Fincantieri qui auront la majorité du capital, donc le véritable pouvoir. L’argument avancé pour justifier ces deux fusions très importantes, c’est-à-dire la constitution des champions européens capables d’exister au niveau mondial, est recevable car il est fondé. En effet, il faut bien reconnaître que la plupart des groupes nationaux n’ont pas ou plus la taille critique pour aborder dans des conditions saines la concurrence découlant de la mondialisation. Les réalités étant ce qu’elles sont, c’est certainement la moins mauvaise des solutions qui a été retenue : la fusion avec encore des parts très importantes du capital. Pour combien de temps ?

Alors, pourquoi cet étrange sentiment de malaise qui traverse l’opinion à l’annonce de ces deux fusions de deux symboles forts de l’industrie française (le TGV, les tramways, les métros, … – le Normandie, le porte-avion Foch, le France, les BPC et frégates de la Marine nationale, les paquebots de croisière,…)? Tout simplement, parce que ces deux fusions créent des champions européens sous contrôle et direction certes européennes mais étrangères mais qu’en même temps, aucune constitution d’un ou plusieurs super groupes européens sous contrôle et direction françaises n’est ni annoncée, ni réalisée.

Plus profondément, beaucoup y voie le signe de l’affaiblissement industriel sans précédent de la France (la part de valeur ajoutée dans le PIB selon l’INSEE est passée de 16,2% en 1995 (24% en 1980)  à 11,2% en 2015 – 22,8 % pour l’Allemagne, chiffre de la France en 1975 …) et la facture irréversible de 30 à 40 ans des erreurs et des renoncements de tous nos Gouvernants et de la technocratie. Quel gâchis !

 Michel MERCIER

Président de l’Union Gaulliste pour la Démocratie UGD

Michel MERCIER

Président de l'U.G.D ( Union Gaulliste pour la Démocratie ). Président Fondateur du mouvement politique LES REPUBLICAINS. Président Fondateur du think tank OBSERVATOIRE DE LA REPUBLIQUE. Secrétaire Fondateur du think tank EVOLUTIONWEB. Membre du Club du 21e Siècle.

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